Cuvée "HAPPINESS IS THE ROAD" 2018 (Marillion)

14/05/20 Musique cuvée

Environ 600 ans avant J.C, le légendaire Lao-Tseu proclamait: "ll n'y a point de chemin vers le bonheur, le bonheur EST le chemin".
Environ 2008 ans après J.C, le non moins légendaire groupe de prog-rock Marillion sortait un double album intitulé "Happiness is the road".
Non, ce n'est pas la meilleure production du groupe, mais le contenu des idées développé est intéressant à plusieurs niveaux. Voyons tout cela de plus près, et au passage, profitons-en pour méditer un peu sur cette pensée fichtrement intelligente: "Le bonheur n'est pas une destination, il est une façon de voyager sur un chemin"...

On se dit que l'on sera heureux plus tard, quand on aura obtenu ceci, ou quand on aura réussi cela. On se dit par exemple que l'on sera heureux une fois que l'heure de la retraite aura sonné, mais si c'est pour être emmerdé par des problèmes de prostate ou d'autres désagréments liés à l'âge, pourquoi ne pas essayer d'être heureux ici et maintenant?
Facile à dire, mais pas à faire.
Comment se convaincre que le bonheur est le chemin quand on traverse certaines épreuves de la vie? Peut-être en s'accrochant à des joies du passé et à celles à venir, car rien n'est éternel, tout passe, tôt ou tard.
Sûrement aussi en choisissant de prendre les rênes de son existence au lieu de se laisser dériver sur l'océan de la vie, et de laisser les évènements extérieurs déterminer notre futur.

D'ailleurs, dans une chanson intitulée "Go", Steve Hogarth (le chanteur de Marillion) affirme qu'il ne suffit que d'une fraction de seconde pour révolutionner volontairement notre vie si on le décide vraiment.
"It only takes a fraction of a second to turn your life upside down"
En une fraction de seconde, nous allons mettre en route quelque chose qui prendra le temps qu'il faudra pour se réaliser. Un jour? Un mois? Trois ans? Peu importe, car c'est l'impulsion qui compte. C'est la voie que l'on va suivre, le futur que l'on désire qui font que notre vie va changer selon le scénario que l'on aura choisi.

Bon, et puisque l'on parle de Marillion, continuons sur cette lancée, parce que c'était le sujet à la base. Alors? Il vaut quoi ce double album??

Comme je le disais plus haut, "Happiness is the road" n'est certes pas du niveau d'un "Brave" ou d'un "Marbles", mais il est tout de même digne d'un grand intérêt.
Mais sachez mes enfants qu'il faudra plusieurs écoutes répétées pour apprécier pleinement cet opus qui ne délivre pas ses subtilités de manière évidente.
Il se découpe en fait en deux parties "Essence" et "The hard shoulder".
La première partie traite de la quête existentialiste du bonheur et s'apparente de ce fait à un concept album. Les titres s'écoulent sans accroc dans un mouvement lent, harmonieux et mélancolique dont le titre aux doux reliefs "This train is my life" donne à lui seul le ton général.
Pas d'excès de style ni de fioritures inutiles, mais une grande clarté dans le son, une ambiance homogène de A à Z, des changements délicats d'harmonies, des montées en pente douce et des musiciens qui jouent de leur instrument avec finesse, voilà pourquoi il est nécessaire d'écouter cette longue suite de 10 morceaux d'une oreille attentive afin d'en extraire la substantifique moelle.

La deuxième partie "The hard shoulder" est, quant à elle plus hétéroclite, plus rock, plus directe, mais aussi plus expérimentale. Au dire des fans, elle est encore plus savoureuse que "Essence".
Les thèmes abordés ici sont variés, et ne manquent pas de souligner la folie et la bêtise de l'être humain (profit, environnement, hyperconnexion) dans des morceaux tels que "Asylum Satellite 1" (entre parenthèse, dans celui-ci, la finesse du jeu de batterie de Ian Mosley apparaît dans toute sa splendeur).
On débute les hostilités avec "Thunder Fly", un titre rock aux reliefs accidentés qui tranche d'avec la suite "Essence". On trouvera des étrangetés fort sympathiques telles que "She's older than me" ou telles que "Throw me out" pour lesquelles Marillion n'a pas hésité à s'essayer à des instruments comme l'harmonium, le french-horn, le glockenspiel ou encore le dulcimer et la harpe!
L'album se clôt avec le très réussi "Real tears for sale" qui sera alors régulièrement interprété sur scène.

En conclusion, et de l'aveu de musiciens eux-mêmes, un travail au niveau du son très abouti.
Le chant de Steve Hogarth est toujours aussi passionné. Sa voix magnifique est accompagnée par des musiciens qui ont désormais de la bouteille et qui jouent avec beaucoup de... modération!
Ce double album qui pouvait sembler au premier abord comme un long "fourre-tout" fade et non inspiré n'en est rien ! Bien au contraire, c'est une oeuvre tout en finesse, élégante, intelligente et aux charmes qui ne se révèleront qu'aux auditeurs patients, passionnés et attentifs...

On pourrait finalement le comparer à certaines personnes qui gagnent à être connues dans l'intimité !

Et puis je terminerais cet article en parlant un peu de ce chemin que l'on peut voir sur l'étiquette de la bouteille. Tout au bout trône un grand sapin...
Derrière lui, les vignes des Angélys.
Ce chemin, je l'ai emprunté des dizaines de milliers de fois dans ma vie. Il me conduit certes vers les vignes depuis 25 ans à présent, mais pas seulement, car il m'a conduit en des temps plus reculés vers l'école, vers des rencontres, vers des joies, vers des peines, bref, vers la vie en général.
Et choisir que la vie soit un bonheur au quotidien n'est pas chose facile, Môôsieur Lao-Tseu !
 


 

 


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