Vendanges terminées, vinification en cours...

14/10/18 Non classé aucun

On a eu chaud... Et pas seulement cet été. Enfin, façon de parler. Quelle météo à la c...n! On a encore frisé le gel au mois d'avril. Et puis il y a eu ce printemps extrêmement pluvieux qui a rendu très difficile les traitements (à la bouillie bordelaise et au soufre, bien entendu). Mais afin de compléter l'action du cuivre, il a fallu accompagner sans relâche la pousse de la vigne: Les épamprages (manuels) et les relevages ont été réalisés avec le plus grand soin.

Je précise que les pampres sont des tiges qui poussent le long du cep (gourmands). On les appelle aussi "échelles à mildiou", et il est absolument indispensable, en agriculture biologique, de ne pas les laisser croître, sous peine de contaminer gravement la vigne...

De la même manière, il est absolument indispensable de ne jamais laisser traîner les rameaux  par terre: il faut les relever, les palisser avant qu'ils ne plient trop et ne soient trop près du sol sous peine, là aussi, de propager copieusement le mildiou. Si des rameaux approchent le sol à moins de 50cm, il n'y a qu'une seule solution: les sacrifier, sinon, c'est le carnage assuré!

L'enherbement a été également bien maîtrisé, et ce malgré les conditions difficiles décrites plus haut. Rares ont été les fenêtres de beau temps nécessaires au passage de la lame de l'intercep.

Récapitulons: Pas de mildiou, pas de ver de la grappe, pas d'oïdium, pas d'orage de grêle cet été, les grappes de raisin sont belles et les maturités sont à leur optimum... Mais alors, qu'est-ce qu'on attend pour être heureux??

Les vendanges ont donc eu lieu entre le 15 et le 20 septembre. Il s'agit maintenant de vinifier du mieux possible afin de tirer profit au maximum de ces raisins qualitatifs.

Cette année, j'ai choisi de créer un vin rouge avec une forte proportion de Malbec et de Cabernet Franc, en y ajoutant 20% de Merlot issu de vignes bientôt soixantenaires. La cuvée a été bichonnée durant sa macération qui s'est étalée sur un bon mois, en y effectuant quatre remontages par jour (avec aération) en début de fermentation, histoire d'extraire au maximum les tanins et les arômes. Le jus de goutte attend patiemment la fermentation malolactique...

Concernant le vin rosé, la meilleure parcelle de cabernet franc et de merlot a été spécialement cueillie a cet effet. Les vignes ont bientôt 60 ans... Peu quantitatives, mais qualitatives!

Enfin, pour les côtes de Bergerac blanc, les meilleures parcelles  de Sémillon (1959) et de Sauvignon (2014) ont été sélectionnées afin de produire le meilleur vin blanc moelleux possible.

Rendez-vous donc d'ici quelques temps pour la suite des évènements...

Bergerac Rouge 2017 en vente en vrac...

08/07/18 Non classé aucun

Afin de compléter le choix des vins et surtout du conditionnement, le BERGERAC ROUGE 2017 est en vente en VRAC à la propriété au prix de 1 euro le litre. Vous pouvez venir sans rendez-vous avec un contenant (cubi ou autre), il y aura toujours quelqu'un pour vous servir. C'est cette même cuvée qui a été conditionnée en BIB et en bouteille cette année...

Ce vin peut également être mis embouteillé par vos soins, et vieillir tranquillement dans votre cave.

A bon(s) entendeur(s)...

 

Le printemps, festival du glyphosate...

22/04/18 Non classé aucun

Le mois d'Avril est enfin arrivé, et avec lui, les senteurs des fleurs, le vert tendre des prairies, le chant des oiseaux, et la puanteur du désherbant chimique...

Oui, en ce moment, la campagne pue le glyphosate à plein nez, et nous le respirons allègrement. Sa nocivité n'est plus à démontrer... Et quitte à déplaire à certains, tant pis, j'ai de très bonnes raisons d'oser dire: Vivement 2021 et son abolition.

Car c'est au printemps que l'environnement est le plus pollué par les traitements chimiques des cultures (desherbants, fongicides etc). Alors, après cet hiver si long, sortez donc prendre un bol d'air dans la nature! Quoi de plus agréable qu'une rando à VTT à travers les vignobles et le long des champs par ce beau temps? Mine de rien, vous en prenez plein la g...

Même si personne ne lit cet article, je vais pousser un bon coup de gueule, histoire de me soulager un peu. Je vais commencer par dire que j'ai le poil qui se hérisse quelque peu quand je croise un panneau avec écrit dessus: "Hulot, de l'eau et du glypho".

Produire sans avoir recours à la chimie n'est pas facile et est très contraignant, je sais, je sais, je sais. Je n'oublie pas que je produisais en conventionnel dans le passé. Mais il est temps de prendre conscience de la dangerosité de ces pratiques et de changer nos habitudes, des alternatives sont possible! Sinon, c'est à croire que l'homme persiste et signe à être suffisamment con pour empoisonner ce qu'il va ingérer!

En fait, ce qui m'insupporte le plus, c'est de désherber ma vigne mécaniquement, d'épamprer les ceps manuellement tout en respirant, en subissant les traitements des cultures voisines (lointaines mais  le vent disperse les embruns). Ces produits ne m'ont pas aidé à être en bonne santé, je vous l'affirme.

Autant d'efforts au nom de l'environnement et de la santé pour être récompensé de la sorte...

Impuissant face à cette situation, petite consolation, je publie cet article avec tout de même une photo de mes vignes exemptes d'herbe (et de glyphosate) sous le rang... Allez, mon intercep a fait du beau travail, non??

Vive l'agriculture biologique!!

31/10/17 Non classé aucun

Ce n'est plus un secret, c'est officiel, je peux enfin l'écrire et le hurler: Le domaine de Vignes des Angélys est en conversion vers l'agriculture biologique depuis avril 2016. Mon seul regret est de ne pas l'avoir fait plus tôt, parce que c'est vraiment le pied! Une autre approche basée sur l'observation, tellement plus respectueuse de l'environnement, tellement plus logique, même si le travail à fournir et les contraintes sont plus importantes.  C'est l'occasion de parler un peu des techniques de désherbage...

L'herbe qui est visible à l'inter rang sur cette photo d'octobre 2017 n'a été tondue qu'une seule fois... depuis juillet 2016! Elle est coupée après avoir terminé son cycle, ce qui nous garantit qu'elle ne repoussera plus dans l'année en cours (sauf si l'été est pourri de chez pourri). Inutile donc de s'acharner à raser l'herbe comme on entretiendrait une pelouse, il n'y a que des inconvénients: Les adventices vont se battre pour leur survie tant qu'elles n'auront pas produit leurs graines, et vont donc puiser encore et encore de la matière organique dans le sol en concurrençant ainsi la vigne. A agir ainsi, on perd notre temps, on gaspille du gas-oil, et on tasse inutilement le sol avec le poids des tracteurs.

De plus, d'Avril à début juillet, ces herbes hautes dans les vignes (1 rang sur 2) sont très belles. Il y a de la vie. Peut-être que nos yeux sont trop habitués à voir des cultures... "au carré"?

Par contre, il est impératif que le dessous du rang soit impeccable.

Pour ceci, à l'automne, le cavaillon est "re-chaussé" (cf photo). C'est à dire que l'herbe qui a poussé sous le rang est recouverte de terre à l'aide d'un disque monté sur un tracteur. Le travail consiste à réaliser une petite butte de part et d'autre des ceps, tout le long du rang.

A la fin de l'hiver, et afin de maîtriser les adventices qui auront poussé d'octobre à février, nous désherberons mécaniquement à l'aide d'une lame intercep. Cette lame va couper l'herbe à la racine, à quelques centimètres de profondeur (photo ci-dessous).

Cela veut dire que nous n'utiliserons pas de glyphosate (le désherbant chimique tant controversé). Donc, nous n'achèterons pas, nous n'engraisserons pas, nous ne voterons pas pour ces géants de la molécule qu'il est inutile de nommer.

De la même façon, nous n'utiliserons évidemment pas de fongicides ni d'insecticides chimiques de synthèse.

Je ne m'attarderai pas sur les ravages provoqués par toutes ces saloperies de produits sur la santé et sur l'environnement, car les médias en parlent beaucoup ces temps-ci, et internet regorge d'infos à ce sujet.

Bien que des contrôles sévères et d'énormes progrès aient été réalisés ces dernières années (réduction des doses de produits phytosanitaires, Zones de Non Traitement, réglementations diverses liées à l'utilisation des pulvérisateurs), il nous faut bien avouer que l'agriculture pollue.

Mais qu'en est-il des centaines de milliers de jardiniers du Dimanche qui cultivent des dizaines de milliers d'hectares? En admettant qu'à l'instar des agriculteurs, ces apprentis sorciers respectent scrupuleusement les dosages indiqués, les fréquences de traitements ou encore raisonnent leurs cultures, ce sont de toute façon des tonnes de produits chimiques déversées dans la nature chaque année.

On entend souvent dire: "Les paysans nous empoisonnent avec leurs produits, ce sont des pollueurs". Certes, mais ce sont bien eux les premières victimes dans le sens où ils sont en contact direct avec les pesticides. Ils en prennent plein la tronche.

"Victimes", car tous ne sont pas conscients, ou n'ont pas été conscients - comme moi-  des risques encourus à manipuler de telles substances. Un certain obscurantisme a été maintenu là-dessus pendant des années, et aujourd'hui encore, les fabricants, les fournisseurs et les commerciaux (formatés?) tentent de minimiser la gravité tant le marché est juteux. J'avoue, qu'à une certaine époque, je les ai cru, par ignorance. Je regrette beaucoup.

J'aurai l'occasion de revenir sur la maîtrise de l'enherbement tout au long de la saison prochaine, à chaque étape, afin de montrer qu'en matière de viticulture, des solutions alternatives sont possibles. Elles existent depuis bien des années, et chapeau bas à ces pionniers de la bio qui ont évolué à contre courant durant des décennies. Ils ont été pris pour des fous. 

Aujourd'hui, c'est tendance.

C'est parti!

14/09/17 Non classé aucun

C'est parti pour les vendanges 2017. Drôle de météo non? On se croirait à la mi-octobre...

Le 4 septembre, nous avons ramassé les cabernets francs et les merlots en vue de vinifier un rosé. Le jus "de goutte" BLANC qui s'écoule du tuyau est du jus de cépage... ROUGE (Merlot et cabernet). Ca veut dire que les raisins ont été cueillis à bonne maturité, et c'est une bonne nouvelle!

Afin de donner un peu de couleur à ce jus, afin de le faire rosir, il a fallu presser les baies (à l'aide d'un pressoir), jusqu'à ce que l'on obtienne la teinte désirée. Il sera clair, c'est comme ça que nous l'aimons! 

Aujourd'hui, il est en fin de fermentation. Lundi ou mardi, il sera soutiré et débarrassé de ses lies grossières. Il ne sera guère retravaillé avant sa mise en bouteille prévue pour mars / avril 2018. Il est bon d'être patient, et de laisser reposer ce vin tout l'hiver en cuve, sa qualité en sera augmentée.

Le 4 septembre, le sauvignon et un peu de sémillon ont été vendangés en vue d'élaborer un vin blanc sec. Même ritournelle que pour le rosé: Il arrive en fin de fermentation, et sera disponible en bouteilles et BIB au printemps prochain.

Petite remarque sur les faibles rendements de ce millésime en raison du gel d'avril 2017: Le raisin est qualitatif tout de même! Seulement, cet aléa climatique nous aura donné bien du fil à retordre, et bien du travail: 4 épamprages (à la main s'il vous plait ! ), des relevages interminables, et beaucoup d'épillonnage (toujours à la main) ! En bref, beaucoup plus de temps passé qu'une année ordinaire...

La vigne a repoussé en buisson, et les bois de taille sont bel et bien présents. Il va juste y a voir plus de tri à faire!

Mais pour l'heure, vendangeons! Demain, c'est au tour des sémillons (pour du moelleux) et des merlots (pour du rouge). Alors, au travail...